L’intéressement et la participation font partie des dispositifs d’épargne salariale comme l’abondement, les plans d’épargne entreprise (PEE) et les plans d’épargne retraite (PERCO). Ces deux compléments de rémunération reposent sur le même principe : associer les salariés à la performance et aux résultats de l’entreprise.

Les primes d’intéressement et de participation peuvent être perçues directement par le bénéficiaire ou peuvent être versées sur des plans d’épargne salariale.

S’ils bénéficient des mêmes avantages sociaux et fiscaux, leur fonctionnement et leur mise en place sont radicalement différents.

Les procédures de mise en place diffèrent entre participation et intéressement

La participation est obligatoire dès lors qu’une entreprise compte plus de 50 salariés, tout type de contrat confondu, et qu’elle dégage des bénéfices. Un accord collectif doit être conclu dans un délai d’un an après la fin de l’exercice où les deux conditions sont remplies. L’accord est signé pour une durée déterminée ou indéterminée. A défaut d’accord, un régime d’autorité est instauré. L’entreprise peut prévoir une condition d’ancienneté, dans la limite de 3 mois.(1)

L’intéressement, lui, est facultatif. Il peut être mis en place dans toute entreprise comptant au moins un salarié distinct du dirigeant. Dans les structures de moins de 11 salariés, sans représentants syndicaux ni CSE, l’employeur peut instaurer l’intéressement par décision unilatérale s’il n’existait pas d’accord dans les 5 années précédentes. Les accords d’intéressement couvrent une période de 1 à 3 ans, avec possibilité de reconduction tacite. L’intéressement peut aussi être soumis à une condition d’ancienneté maximale de 3 mois.(2)

Bon à savoir

Depuis le 1er janvier 2025, certaines entreprises de 11 à 49 salariés, constituées sous forme de société et ayant dégagé un bénéfice net fiscal d’au moins 1 % de leurs recettes pendant trois années consécutives (2022, 2023 et 2024), sont soumises à une obligation expérimentale de cinq ans. Elles doivent mettre en place un dispositif de partage de la valeur, qui peut prendre la forme d’une prime de partage de la valeur, d’un accord de participation, d’un accord d’intéressement ou d’un plan d’épargne salariale. La prime de partage de la valeur peut, sous conditions, être exonérée d’impôt et de cotisations sociales, mais ne peut pas se substituer à une augmentation de salaire ou à une prime déjà prévue par accord, contrat ou usage dans l’entreprise.(3)

Un fonctionnement différent pour la participation et l’intéressement

La participation permet de redistribuer une partie des bénéfices générés par l’entreprise au cours de l’année. Son calcul repose sur une formule légale unique, sans aucun lien avec la performance individuelle des salariés(1) :

 RSP = [½ (B – 5 % C)] × [S / V]

où :

  • B représente le bénéfice net,
  • C les capitaux propres,
  • S le total des salaires,
  • V la valeur ajoutée de l’entreprise.

Les accords peuvent prévoir une formule spécifique, mais le résultat obtenu doit être au moins égal à celui de la formule légale.(1)

Le plafond est fixé à 35 325 € en 2025. La répartition peut se faire(1) :

  • de manière uniforme,
  • proportionnelle au salaire,
  • proportionnelle au temps de présence,
  • ou en combinant plusieurs critères.

Ce dispositif vise à associer collectivement l’ensemble du personnel aux résultats de l’entreprise.

L’intéressement fonctionne différemment et offre plus de souplesse. Les critères sont définis dans un accord collectif et doivent mesurer un résultat économique global, de façon quantifiable et incertaine. Contrairement à la participation, il peut prendre en compte la contribution personnelle du salarié, par exemple selon sa rémunération ou son temps de présence. Cette logique en fait un outil de motivation et de reconnaissance, en plus d’un levier d’épargne salariale.(2)

Versement et blocage des primes

Au moment du versement, le salarié peut(1)(2) :

  • demander un paiement immédiat sur son compte bancaire,
  • placer la prime sur un plan d’épargne salariale (PEE, PEI ou PERCOL/I).

Il dispose de 15 jours pour faire sa demande de versement immédiat. Passé ce délai, la prime est placée automatiquement selon les modalités prévues par l’accord. Si aucun choix n’est exprimé, une partie peut être affectée par défaut à un PERCOL/I, et le reste sur d’autres supports d’épargne.(1)(2)

Selon l’accord de l’entreprise, la prime peut également être affectée sur un compte épargne-temps (CET). Ce dispositif permet d’épargner des jours de congés non pris ou des repos, qui peuvent ensuite être convertis en rémunération ou placés sur un plan d’épargne salariale.

Les sommes issues de la participation placées sur un plan d’épargne sont bloquées pendant 5 ans minimum, sauf cas de déblocage anticipé prévus par la loi.(1)

Un forfait social différent selon la taille de l’entreprise

Le versement de primes d’intéressement ou de participation sur un plan d’épargne salariale donne droit à une exonération d’impôt sur le revenu et de la plupart des charges sociales, hors CSG-CRDS.(1)(2)

Pour l’intéressement, l’avantage est net dans les petites et moyennes entreprises(2) :

  • Jusqu’à 249 salariés, aucune contribution au forfait social n’est due, soit 20 % d’économies pour l’employeur.
  • À 250 salariés et plus, le forfait social de 20 % s’applique.

Pour la participation, le seuil est plus bas(1) :

  • En dessous de 50 salariés, elle est exonérée, avec là aussi un gain immédiat sur les charges.
  • Dès 50 salariés, le forfait social grimpe à 20 %.

Ces règles renforcent l’attrait de l’intéressement pour les structures plus petites, où il reste facultatif et adaptable aux performances individuelles.(2) La participation, elle, devient obligatoire au-delà de 50 salariés, avec un calcul légal et une prime identique pour tous.(1)

Une fiscalité avantageuse pour l’employeur et l’employé

Les primes pour le salarié issues de la participation ou de l’intéressement bénéficient d’un régime fiscal avantageux. Leur traitement dépend du choix fait au moment du versement(1)(2) :

  • Versement immédiat : soumis à l’impôt sur le revenu et aux contributions sociales (CSG, CRDS).
  • Placement sur un PEE, un PEI ou un PERCOL/I : exonéré d’impôt sur le revenu, mais soumis aux contributions sociales.

Les dispositifs de participation et d’intéressement représentent également un atout fiscal pour l’employeur(1)(2) :

  • Les primes sont déductibles du bénéfice imposable.
  • Elles sont exonérées de la taxe d’apprentissage et de la taxe de formation.

Comparatif : participation vs intéressement

Critère(1)(2)ParticipationIntéressement
Obligation
  • A partir de 50 salariés si bénéfices
  • Depuis le 1er janvier 2025 : entreprises de 11 à 49 salariés
Facultatif, quelle que soit la taille de l’entreprise
Base de calculFormule légale liée aux bénéficesCritères définis par accord collectif, liés à la performance
MontantIdentique pour tous, plafonné à 35 325 € (2025)Peut varier selon la rémunération ou le temps de présence
RépartitionUniforme, proportionnelle au salaire, au temps de présence, ou combinéeIdem que participation
Condition d'anciennetéJusqu’à 3 mois maximumJusqu’à 3 mois maximum
VersementImmédiat ou placement sur PEE, PEI, PERCOL/I (blocage 5 ans minimum)Immédiat ou placement sur PEE, PEI, PERCOL/I
Forfait social20 % à partir de 50 salariés, exonéré en dessous20 % à partir de 250 salariés, exonéré en dessous
Avantage fiscal salariéPlacement = exonération d’IR + CSG/CRDSPlacement = exonération d’IR + CSG/CRDS
Avantage fiscal entrepriseDéduction fiscale + exonération de certaines taxesDéduction fiscale + exonération de certaines taxes
Objectif principalAssocier collectivement les salariés aux résultatsMotiver et récompenser la performance