Suspension de la réforme Borne, nouveaux droits pour les mères et refonte du cumul emploi-retraite : le Budget de la Sécurité sociale pour 2026 opère plusieurs inflexions majeures du système de retraites.

Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026, adopté définitivement le 16 décembre 2025, introduit plusieurs ajustements notables dans le paysage des retraites. Le plus emblématique est, sans conteste, la suspension temporaire de la réforme des retraites de 2023, qui a notamment porté l’âgelégal (l’âge minimum de départ) de 62 à 64 ans.

La réforme 2023 mise sur pause pour un an

Le gouvernement a décidé de geler d’un an la montée en charge du relèvement de l’âge légal. Concrètement, les assurés nés en 1964 et au premier trimestre 1965 pourront partir un peu plus tôt que prévu : à 62 ans et 9 mois, au lieu de 63 ans pour les personnes nées en 1964 et de 63 ans et 3 mois pour celles nées du 1er janvier au 31 mars 1965. Le calendrier reprendra son cours normal à partir de la génération née à compter du 1er avril 1965, avec un retour progressif vers l’âge légal de 64 ans, désormais applicable aux personnes nées à compter du 1er  janvier 1969 (versus le 1er janvier 1968).

En parallèle, la durée de cotisation requise pour bénéficier d’une pension complète est également ajustée. Les générations 1964 et du premier trimestre 1965 bénéficieront d’un allègement : respectivement 170 et 171 trimestres, au lieu des 172 trimestres initialement exigés par la réforme. Ces derniers s’appliqueront désormais aux assurés nés à partir du 1er janvier 1966 (vs le 1er janvier 1965).

Date de naissanceÂge minimum de départ à la retraite
Nombre de trimestres requis pour un retraite sans décoté

Du 1er janvier au 31 décembre 1963 

Du 1er janvier au 31 décembre 1964 

Du 1er janvier au 31 mars 1965 

Du 1er avril au 31 décembre 1965 

Du 1er janvier au 31 décembre 1966 

Du 1er janvier au 31 décembre 1967 

Du 1er janvier au 31 décembre 1968 

63 ans et 9 mois (au lieu de 64 ans) 

62 ans et 9 mois

62 ans et 9 mois (au lieu de 63 ans)

62 ans et 9 mois (au lieu de 63 ans et 3 mois)

63 ans (au lieu de 63 ans et 3 mois) 

63 ans et 3 mois (au lieu de 63 ans et 6 mois) 

63 ans et 6 mois (au lieu de 63 ans et 9 mois)

63 ans et 9 mois (aulieu de 64 ans) 

64 ans

170 trimestres

170 trimestres (au lieu de 171 trimestres) 

170 trimestres (au lieu de 172 trimestres) 

171 trimestres (au lieu de 172 trimestres) 

172 trimestres 

172 trimestres 

172 trimestres 

172 trimestres 

Des avancées pour les mères de famille

Le PLFSS 2026 (la loi n’a pas encore été promulguée à l’heure où nous écrivons ces lignes) met aussi l’accent sur la revalorisation des droits des femmes. Dès le 1er janvier 2026, les retraites de base des mères seront calculées sur leurs 24 meilleures années de carrière pour celles ayant un enfant et sur leurs 23 meilleures pour celles ayant deux enfants ou plus, contre 25 années actuellement.

Ce nouveau mode de calcul devrait augmenter la pension de base d’environ la moitié des futures retraitées, selon le gouvernement.Autre mesure phare : à partir du 1er septembre 2026, les trimestres accordés au titre de la maternité, de l’adoption ou de l’éducation d’un enfant seront pris en compte dans la retraite anticipée pour carrière longue (RACL).

Ainsi, deux trimestres par enfant pourront être intégrés dans les droits à départ anticipé, facilitant l’accès pour de nombreuses mères à ce dispositif réservé aux actifs qui ont commencé à travailler jeune et qui ont tous leurs trimestres.

Un cumul emploi-retraite repensé

Dernière évolution d’ampleur : la refonte du cumul emploi-retraite (CER).

Actuellement, un retraité peut cumuler intégralement sa pension et un revenu d’activité s’il justifie d’une carrière complète (taux plein). Dans le cas contraire, un plafond s’applique, dépendant de son ancien statut professionnel. En cas de dépassement du plafond, la retraite de base est diminuée d’autant.

À partir des retraites liquidées à compter du 1er janvier 2027, l’accès au CER intégral ne reposera plus sur les trimestres cotisés mais sur l’âge de départ. Celles et ceux qui prendront leur retraite avant 64 ans verront leur pension réduite du montant de leurs revenus d’activité. Entre 64 et 67 ans, un cumul partiel sera autorisé, jusqu’à un plafond fixé par décret (il devrait se situer à 7.000 euros par mois).Seuls les retraités au-delà de 67 ans conserveront le droit de cumuler sans limite.

Source : Tous sur mes finances