Selon les statistiques récentes des ministères sanitaires et sociaux, les plans d'épargne retraite drainent plus des trois quarts des versements effectués sur les dispositifs de retraite supplémentaire.

L’épargne retraite est tirée vers le haut par les plans d’épargne retraite (PER).

D’après les données dévoilées le 3 février 2026 par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) - un organisme commun au ministère de l’Économie, au ministère de la Santé et au ministère des Solidarités -, les PER ont généré, à eux seuls, 77% des versements réalisés en 2024 sur les dispositifs de retraite supplémentaire (qui s’ajoutent aux régimesde retraite de base et de retraite complémentaire obligatoires).

Cette mainmise des PER sur l’épargne retraite ne cesse de progresser : les versements sur ces plans représentaient « seulement » 75% des cotisations de retraite supplémentaire en 2023 et 69% en 2022, toujours selon la Drees. Dans le détail, les PER individuels (PERIN), alimentés par les versements volontaires, ont capté 87% des cotisations sur les dispositifs facultatifs d’épargne retraite individuelle (souscrits par des particuliers). Les PER d’entreprises collectifs (PERCOL), alimentés par les primes d’épargne salariale (participation, intéressement, abondement de l’employeur…), ont également drainé 87% des
cotisations sur les dispositifs facultatifs d’épargne collective (souscrits dans le cadre de l’entreprise). Les PER obligatoires, alimentés par les cotisations obligatoires (prélevées sur les salaires des salariés), ont
représenté 64% des versements sur les dispositifs obligatoires d’épargne retraite collective.

Transferts et transformations

Sur les 21,4 milliards d’euros collectés au global par la retraite supplémentaire en 2024, 10,1 milliards d’euros sont issus des PERIN, 3,6 milliards d’euros des PERCOL et 2,8 milliards d’euros des PERO. Des résultats très honorables, sachant que les plans d’épargne retraite ont commencé à être distribués le 1er
octobre 2019. Soit il y a seulement un peu plus de six ans. Il faut dire que, depuis le 1er octobre 2020, les PERIN ont remplacé les dispositifs d’épargne retraite individuelle (plan d’épargne retraite populaire [Perp],
contrat de retraite Madelin), les PERCOL ont pris la place des plans d’épargne pour la retraite collectifs (Perco), et les PERO se sont substitués aux régimes de retraite supplémentaire à cotisations définies (plus connus sous l’appellation « article 83 », en référence à l’article du Code général des impôts qui les réglemente).

Depuis cette date, les Perp, contrats de retraite Madelin, Perco et articles 83 ne peuvent plus être commercialisés. Mieux : les particuliers ont la possibilité de transférer les capitaux de leur « vieux » Perp ou Madelin dans un PERIN. Et les entreprises peuvent décider de transformer leur Perco ou leur article 83 en respectivement un PERCOL ou un PERO.

Une enveloppe plus souple

Ces transferts et transformations expliquent d’ailleurs en partie le succès du PER.
Cette enveloppe est, il est vrai, beaucoup plus souple que les contrats de retraite précédents. Les PER ne sont pas liés à un statut professionnel, contrairement aux contrats de retraite Madelin réservés aux travailleurs non-salariés (artisans, commerçants, chefs d’entreprise, professions libérales).

Les versements volontaires peuvent être déduits du revenu imposable (ce qui n’était
pas possible avec le Perco). Les capitaux peuvent être débloqués avant la retraite pour l’achat de la résidence principale (ce qui n’était pas autorisé, hormis pour le Perco). Le plan peut être dénoué à la retraite, au choix, en capital, en rente viagère ou les deux à la fois. Cette sortie à la carte n’était pas tout simplement pas proposée dans les anciens contrats.

Source : Tous sur mes finances