Depuis le 1er janvier 2026, la durée de report des plafonds d’épargne retraite non utilisés est portée de trois à cinq ans et les versements sur un PER effectués à partir de 70 ans ne sont plus déductibles. L’administration vient de préciser les modalités d’application de ces deux mesures fiscales.
La loi de finances pour 2026 a apporté deux changements au régime fiscal du plan d’épargne retraite (PER),
sans en modifier les grands principes. Destiné à encourager l’épargne retraite, celui-ci permet de déduire les versements volontaires du revenu imposable, en contrepartie du blocage de l’épargne jusqu’à la retraite, hors cas de déblocage anticipé.
Un report des plafonds porté de trois à cinq ans
La première modification, inscrite à l’article 10 de la loi de finances pour 2026, allonge à cinq ans la période pendant laquelle les plafonds d’épargne retraite non utilisés peuvent être reportés.
Lorsqu’un titulaire de PER ne consomme pas la totalité de son plafond de déduction au titre d’une année, le reliquat peut être utilisé ultérieurement. Jusqu’ici limité aux trois années suivantes, ce report est désormais possible pendant deux années supplémentaires. Le texte ne précisait toutefois pas si cet
allongement concernait également les plafonds des années antérieures ou seulement ceux des années à venir.
Les commentaires de l’administration, publiés le 10 août 2026 au Bulletin officiel des finances
publiques (BOFiP), lèvent cette incertitude. La Direction générale des Finances publiques (DGFiP) indique, exemples à l’appui, que le nouveau dispositif fonctionne par report « en avant ». Un contribuable ne pourra donc disposer, au cours d’une même année, du reliquat des plafonds des années N-1 à N-5 qu’à partir de
2031, puisque la mesure ne s’applique qu’« à compter de l’imposition des revenus de l’année 2026 ».Seront alors concernés les plafonds non utilisés des années 2026, 2027, 2028, 2029 et 2030. Selon la même logique, en 2030, le titulaire d’un PER pourra mobiliser, s’ils n’ont pas été consommés, les reliquats correspondant aux années 2026, 2027, 2028 et 2029.
Plus de déduction pour les versements à partir de 70 ans
La seconde évolution, prévue par l’article 9 de la loi de finances pour 2026, concerne les versements
volontaires effectués sur un PER. Depuis le 1er janvier 2026, ils ne sont plus déductibles lorsque le titulaire du plan est âgé de 70 ans ou plus au moment du versement. Toujours au BOFiP, l’administration précise que cette modification législative a également des conséquences sur la fiscalité applicable à la sortie.
Un traitement fiscal différent à la sortie
En cas de sortie en capital, les sommes correspondant aux versements effectués après le soixante-dixième anniversaire sont désormais soumises au même régime que les « versements volontaires ayant
fait l’objet d’une option pour la non-déduction ». La part correspondant aux versements est ainsi exonérée d’impôt sur le revenu, tandis que seuls les gains sont imposés.
À titre de comparaison, le capital perçu à l’échéance correspondant à des versements déductibles est soumis au barème de l’impôt sur le revenu, sans abattement de 10%. L’alignement des régime fiscaux s’applique aussi aux sorties anticipées en capital ainsi qu’aux sorties en rente.
La DGFiP indique enfin que la fin de la déductibilité à partir de 70 ans concerne également les « versements
obligatoires effectués dans un PERO » (plan d’épargne retraite obligatoire).
Source : Tous sur mes finances