À l’approche de la présidentielle de 2027, l’Ordre national des pharmaciens a émis des propositions en vue d’améliorer l’accès aux soins, renforcer la prévention et sécuriser les traitements. Avec une ambition : faire du pharmacien un acteur incontournable du parcours de santé.

Une rage de dents un samedi, un traitement en rupture au comptoir, un médecin sans créneau avant plusieurs semaines : l’Ordre national des pharmaciens veut que l’officine puisse répondreà ces situations.

En vue de l’élection présidentielle de 2027, l’instance a présenté, le 27 octobre 2026, 33 propositions pour répondre aux besoins actuels et futurs des patients. Elle plaide notamment pour élargir les missions des    75  731 pharmaciens d’officine et de laboratoire.

Davantage de maux courants pris en charge à l’officine

Les pharmaciens délivrent déjà, après un test rapide (prélèvement à l’aide d’un écouvillon, bandelette urinaire), des antibiotiques normalement soumis à ordonnance contre l’angine et la cystite. L’Ordre
propose d’étendre cette possibilité à d’autres situations bénignes, comme les douleurs dentaires, les migraines ou l’herpès. Le pharmacien pourrait aussi initier certains traitements dans l’attente d’un rendez-vous médical.

Le pharmacien ne peut aujourd’hui délivrer un autre médicament que celui prescrit qu’en cas d’urgence ou sur recommandation de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). L’Ordre demande qu’il puisse le remplacer lui-même par un équivalent thérapeutique lorsque ce médicament figure sur la liste des ruptures ou risques de rupture publiée par l’ANSM. Les officines pourraient aussi réaliser des préparations spéciales dès les premières tensions, à l’image des pharmacies hospitalières.

Des dépistages en laboratoire sans prescription médicale

L’Ordre souhaite que les patients à risque puissent faire dépister une maladie chronique en laboratoire sans
ordonnance, avec une prise en charge par l’Assurance maladie, sur le modèle des IST (infections sexuellement transmissibles). Il propose aussi de généraliser en pharmacie le dépistage des facteurs de risque cardiovasculaire et d’autoriser le pharmacien à prescrire les vaccins et traitements contre le paludisme avant un voyage.

L’Ordre demande également de tirer le bilan des antennes de pharmacie, expérimentées dans les communes dont la dernière officine a fermé, pour leur donner un cadre durable. Enfin, il réclame des horaires élargis pour les laboratoires, l’après-midi et le samedi, et une plateforme orientant les patients vers un laboratoire ouvert à toute heure, pour éviter un passage systématique aux urgences.

Soumises à une consultation publique au printemps 2026, les 33 propositions de l’Ordre ont recueilli 1 149 réponses, dont 93% de la part de pharmaciens. L’élargissement du droit de substitution en cas de rupture figure parmi les quatre mesures les plus soutenues.

Source : Tous sur mes finances