Pour permettre aux pharmaciens libéraux de percevoir une pension plus élevée, leur caisse de retraite vient de décider d’augmenter une partie de leurs cotisations vieillesse.

Le 9 juillet 2026, les pharmaciens d’officine ont reçu une mauvaise nouvelle. Le président de la Caisse d’assurance vieillesse des pharmaciens (CAVP), leur caisse de retraite et de prévoyance, leur a annoncé dans un éditorial, mis en ligne ce jour-là sur le site Internet de la CAVP, qu’une partie de leurs cotisations vieillesse allaient augmenter.

Le conseil d’administration (CA) de la CAVP a, en effet, décidé à l’unanimité un relèvement de 5% par an entre 2027 et 2032 des cotisations des affiliés au régime de retraite par capitalisation de la caisse. Soit une augmentation de 25% en cinq ans.

Une retraite trop faible

Les pharmaciens libéraux ont la particularité de disposer d’un régime de retraite de base par répartition dans
lequel les cotisants financent les pensions des retraités, d’un régime de retraite complémentaire également par répartition et d’un second régime de retraite complémentaire, fonctionnant cette fois-ci par capitalisation (les cotisants se constituent leurs propres rentes). La hausse portera donc sur ce dernier régime.

Si le CA de la CAVP a instauré une telle augmentation, c’est parce que les administrateurs de la caisse estiment que la retraite de leurs affiliés est trop faible. Selon leurs calculs, un pharmacien qui a cotisé pendant 30 ans et qui part à la retraite à 67 ans peut se retrouver avec une pension globale (retraite de base, retraite complémentaire par répartition et retraite complémentaire par capitalisation confondues) d’à peine 2 000 euros par mois.

La vente de l’officine devenue insuffisante

Le faible niveau de retraite des pharmaciens vient du fait que ces professionnels de santé cotisent peu pour leur après-vie professionnelle. Ils préfèrent se verser des dividendes plutôt qu’un salaire. Or, cette forme de rémunération, qui correspond à une fraction des bénéfices réalisés par la pharmacie, n’est pas soumise aux charges sociales, dont les cotisations vieillesse.

Toujours d’après la CAVP, sur un revenu annuel de 80 000 euros, les pharmaciens cotisent ainsi à hauteur de 20%, contre 23% pour les experts-comptables ou 30% pour les médecins. En réalité, les pharmaciens ont longtemps compté sur la vente de leur officine pour se constituer un capital pour leur retraite.

Problème : sous l’effet cumulé de la généralisation des génériques aux marges peu élevées et de la concurrence des rayons de parapharmacie de la grande distribution, le prix de vente des pharmacies a chuté.

D’où la décision de la CAVP d’obliger ses affiliés à cotiser davantage pour leur retraite. Dans son éditorial, le président de la caisse promet qu’il donnera prochainement davantage de détails sur l’augmentation des cotisations du régime de retraite complémentaire par capitalisation.

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