Après un été relativement calme sur les marchés financiers, la rentrée s'ouvre dans un contexte plus incertain, marqué par le retour des tensions géopolitiques et la remontée des taux d'intérêt. Pour autant, les perspectives économiques restent globalement favorables. Quels sont les principaux facteurs à surveiller et quelles peuvent être les conséquences pour les épargnants ? Décryptage.

L’été 2026 s’est déroulé relativement calmement sur les marchés financiers. La plupart des grands indices boursiers, qui mesurent l'évolution des marchés financiers, ont atteint leurs plus hauts niveaux principalement soutenus par les bonnes publications de résultats des grandes sociétés. Pour les marchés européens, plus de 60% des bénéfices du deuxième trimestre ont été supérieurs aux attentes et totalisent sur les douze mois écoulés une progression d’environ 20%. Le marché américain est encore mieux orienté puisque plus de 80% des sociétés ont surpris positivement pour une progression moyenne des entreprises du S&P 500 qui atteint environ 30% sur un an.

Dès la rentrée, la reprise des tensions géopolitiques, la poussée des taux d’intérêt sur les marchés des obligations ont entrainé un retour de la volatilité, c’est à dire des variations plus marquées des marchés financiers. La croissance économique se révèle positive, mais les taux d’intérêts remontent, notamment à cause de la forte demande de capitaux.  

La croissance économique est meilleure qu’attendue et les perspectives sont positives en ce début septembre.

Les annonces des sociétés cotées s’expliquent par une activité globalement résiliente. Les PIB (produit intérieur brut, indicateur qui mesure la richesse produite par un pays) réalisés au deuxième trimestre sont positifs. A l’exception de la France qui affiche une croissance de son PIB au T2 de 0% mesuré sur 3 mois (après -0,2% au premier trimestre), la zone euro se redresse avec +0,6% pour le second trimestre et rejoint les Etats-Unis (+0,38%), la Chine (+0,9%), le Japon (+0,4%). Surtout, les principaux indicateurs avancés, qui permettent d’anticiper l’évolution future de l’économie, publiés depuis la fin du mois d’août s’améliorent. La France peine à se redresser car les échéances électorales sont encore lointaines et la période d’incertitude sur le budget, l’évolution de la fiscalité pèse sur le moral des agents économiques. Les moteurs de cette croissance concernent maintenant de nombreux secteurs : la technologie (l’IA, les développements de centres de données), la défense, la cyber sécurité mais également la finance, les banques bénéficiant d’une activité importante sur les marchés et de la remontée des taux, l’assurance, la pharmacie, la chimie, l’énergie. Les dernières prévisions du FMI portent à +3% en 2026 les perspectives mondiales, sous réserve bien sûr que les conflits en cours (Moyen-Orient, Ukraine-Russie) ne s’étendent pas plus.  

Les taux d’intérêts vont-ils reprendre le dessus ?

Les tensions géopolitiques avec la fermeture du détroit d’Ormuz avaient déjà entrainé au premier semestre le retour de l’inflation par les prix de l’énergie. Maintenant les aléas climatiques subis cet été, les perturbations des transports internationaux qui touchent aussi le détroit de Bab el Mandeb (passage maritime stratégique pour le commerce mondial) affectent les cours des matières agricoles. La forte demande de composants pour la construction de data center pèse également sue le cours des semi-conducteurs et des mémoires de stockage. Les dernières statistiques d’inflation sont en hausse à 3,4% aux Etats-Unis et 3,3% en zone euro. Ces valeurs sont néanmoins bien inférieures à celles atteintes au terme du premier semestre de 2022 où les conséquences de l’invasion en Ukraine avaient porté l’inflation à plus de 10% en zone euro. Les taux d’intérêts l’ont reflété avec des hausses modérées : 4,60 % pour les taux à 10 ans aux Etats-Unis à la fin du mois d’août, 4,10% en France. Mais la reprise des frappes sur le terrain a entrainé le cours du Baril de pétrole Brent à plus de 109 dollars ce 14 septembre alors qu’il stagnait vers 80 dollars cet été.

Ces évènements conjugués à une activité économiques soutenue qui accroit la demande de crédits, aux dépenses d’investissement pour l’IA et aux dépenses de défenses pèsent sur les taux d’intérêts. Les investisseurs s’inquiètent des montants d’émissions croissants qui arrivent sur les marchés. L’OCDE dans son rapport sur la dette mondiale estime à 29 000 milliards de dollar le montant total emprunté sur le marché en 2026, 17% de plus qu’en 2025. Les émissions de dette privée s’élèvent à environ 7000 milliards et les annonces des grandes sociétés de la technologie (les’ hyperscaler’) indiquent que ces chiffres vont s’accroitre en 2027. La plupart des Etats n’ont pas réduit leurs déficits budgétaires. Ils devraient représenter en 2026, 5,8% du PIB aux USA, 3,7% au Japon, 5,2% en France. Même l’Allemagne affiche un déficit de 3,1% du PIB qui participe à la reprise de son économie. Les taux d’intérêt des dettes d’Etat se sont nettement apprécier pour toucher 4,98% à dix ans aux USA (niveau au 14 septembre). La hausse a été plus marquée en France car avec le début des campagnes présidentielles des candidats de tous bords, les solutions budgétaires proposées sont multiples, certains extrêmes en ce qui concerne la fiscalité, l’environnement et les retraites. Les investisseurs craignent que dans ce climat, l’établissement du budget 2027 soit complexe pour le gouvernement. L’écart de taux d’intérêt avec l’Allemagne – le spread OAT-Bund- s’est à nouveau détérioré et remonte à +0,98%, record qu’il avait touché lors de la dissolution de l’Assemblée nationale en 2024.  

Les facteurs de confiance pour les mois à venir.

La situation n’est néanmoins pas dramatique car plusieurs éléments peuvent modérer ces tensions.

A deux reprises la BCE a débuté une politique plus restrictive afin de lutter contre les risques de dérapage de l’inflation. Les taux directeurs, qui servent de référence pour le coût du crédit dans l’économie, sont passés à 2,65%. L’institution agit par précaution et n’indique pas une tendance aussi marquée qu’en 2022. La hausse moyenne des salaires en zone euro est de + 3,4% depuis un an ce qui est un niveau cohérant avec la croissance prévue maintenant à + 0,9% sur l’année en zone euro et le niveau de l’inflation. Le nouveau président de la FED, monsieur Kevin Warsh s’est déclaré également attentif à la hausse de l’inflation. Mais dans les objectifs premiers de la FED le marché du travail est pris en compte. Les derniers chiffres inférieurs aux moyennes observées depuis quelques années nous permettent de penser que la FED agira, mais plus modérément qu’en 2022. Aux Etats-Unis, les premiers effets de l’IA sont mesurés sur la productivité du travail qui sur un an a progressé de 2,1%.

Bien que les conflits s’intensifient à nouveau, les parties engagées ont toutes des intérêts politiques et économiques à aboutir à une solution ; Etats-Unis en tête à l’approche de ses élections mi-mandat. Les marchés financiers conservent un relatif calme compte tenu de l’activité économique qui reste bien orientée, des conséquences positives qu’apporteraient une résolution positive au Moyen-Orient, comme en Ukraine. La France souffre des incertitudes politiques : l’INSEE vient d’abaisser ses perspectives de croissance nationales de 0,7% à 0,4%.

Comme madame Lagarde l’explique pour la BCE, il est raisonnable de rester prudent sans basculer dans un pessimisme excessif. Pour l'épargne, la diversification entre différentes catégories d'investissements, l'ouverture à l'international et une bonne répartition des placements demeurent des principes adaptés pour cette rentrée 2026 !  

Achevé de rédaction le 14 septembre 2026.

Serge Pizem, Directeur Général de SLGP et Christian Bito, professeur de finance à l’ESSEC et vice-président de SLGP.  

AVERTISSEMENT

Investir sur les marchés financiers présente un risque de perte en capital.
Ceci est un document publicitaire. Cet article ne peut être reproduit en tout ou partie, sans autorisation préalable de la société de gestion. Les avis et opinions ici exprimés sont ceux de Swiss Life Gestion Privée à la date de diffusion et sont susceptibles d’évoluer dans le temps. Les informations et analyses contenues dans cet article peuvent être partielles et sont susceptibles d’être modifiées sans préavis. Cet article ne constitue nullement un conseil en investissement, une proposition ou une offre de souscription de titres financiers ou de service et ne saurait engager la responsabilité de SwissLife Gestion Privée. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. La Société de Gestion n'est pas soumise à l'interdiction d'effectuer des transactions sur ces instruments avant la diffusion de la communication. Swiss Life Gestion Privée est une société de gestion d’actifs agréée par l’Autorité des Marchés Financiers (AMF), filiale à 100%, de la banque privée du groupe Swiss Life, Swiss Life Banque Privée.  

#ComprendrePourDécider
Communication à caractère informatif et publicitaire