Comment réagir aujourd’hui face à la pénurie mondiale des semi-conducteurs, ces petites puces présentes dans de nombreux appareils électroniques (iPhone, Playstation, voitures…) ? Que faire dans un contexte de forte hausse du prix des matières premières ? Nos experts de Swiss Life Gestion Privée livrent leur analyse sur ces sujets qui font l’actualité, pour vous aider à faire les bons choix en matière de placement.

Vous avez choisi d'investir en Bourse au travers d'un Plan d'épargne actions (PEA), d'un compte titre ou bien d'un contrat d'assurance vie ? Dans un contexte de marchés pas forcément aisé à comprendre, nos experts Swiss Life Gestion Privée ont à coeur de décrypter pour vous certains sujets d'actualité, afin de vous permettre de prendre les bonnes décisions. Dans tous les cas, votre conseiller est à votre disposition pour vous orienter dans vos choix et vous présenter les différentes solutions d'investissement.

>> Découvrez ci-après l'interview de Eric Bleines, directeur général de Swiss Life Gestion Privée, qui fait part de ses convictions.

En pleine pénurie mondiale de semi-conducteurs, l’Europe entend doubler son niveau de production d’ici à 2030. Quels impacts sur les entreprises spécialistes de cette technologie en Bourse ? 
E.B :
 Nous avons connu une accélération forte de la digitalisation de l’économie dans beaucoup de domaines, notamment au sein des entreprises, et ceci afin de répondre aux exigences techniques du télétravail. À cela s’ajoute le renouvellement des gammes automobiles qui, du fait d’un impératif d’efficacité énergétique, tire fortement à la hausse le nombre de capteurs présents dans chaque véhicule. Ces deux éléments conjugués ont entraîné une hausse de la demande que les industriels ont eu du mal à anticiper. La production de semi-conducteurs est un sujet hautement stratégique, d’autant qu’il faut bien avoir en tête que la très grande majorité provient d’Asie, notamment de Corée.

Nous avons en Europe quelques acteurs importants, à l’instar de STMicroelectronics, de NXP ou encore d’ASML. Ce dernier, même s’il est peu connu, est un véritable mastodonte : sa capitalisation est estimée à 222 milliards d’euros, soit davantage que LVMH. ASML est actuellement la plus importante capitalisation boursière de la zone euro et représente à elle seule 7,6 % de l’indice Euro Stock 50, contre 5,6 % pour LVMH. Convaincus que les semi-conducteurs sont l’or de demain, nous sommes positionnés sur ASML, STMicroelectronics ainsi que, concernant notre fonds ValFrance, sur Kalray, une start-up grenobloise très prometteuse dans ce domaine.  

Dans le même temps, le prix des matières premières s’envole et les stocks s’amenuisent. S’agit-il d’une conséquence des mesures mises en place pour lutter contre la propagation de la Covid-19 ? Faut-il se renforcer ou se tenir à l’écart de ces valeurs ?  
E.B :
 Je dirais qu’il y a un double effet. Un effet structurel : les ressources naturelles s’amenuisent. Et des effets conjoncturels : les retards de production engendrés par la crise sanitaire, mais également le blocage du canal de Suez par le navire Ever Given, ainsi que les mesures environnementales mises en place au même moment par de nombreux gouvernements.  Nous conservons en portefeuille des valeurs aux rendements récurrents, à l’instar de Total. Le groupe devient d’ailleurs Total Énergies, ce qui, à mon sens, est un signal fort. Par ailleurs, nous nous renforçons également sur des énergies d’avenir telles que l’hydrogène, avec Air Liquide.

Les rendements des valeurs obligataires sont en fort repli. Dans une stratégie de gestion, comment faire pour l’atténuer ?
E.B : 
Il est certain que les rendements de l’obligataire sont très bas. Cependant, nous constatons que nos clients particuliers y restent très attachés. C’est la raison pour laquelle nous restons positionnés sur les corporate bonds, avec notamment des stratégies high yield. En favorisant leur refinancement, les banquiers centraux ont en effet permis de porter les entreprises. Enfin, nous diversifions les rendements en intégrant à nos mandats, lorsque nos clients en ont donné l’autorisation, une poche de produits structurés.